Les oeuvres de Dalì et le Surréalisme

L’Angélus de Jean- Francois Millet vu par Dali

« L’Angélus est un tableau que j’ai fait en pensant comment, en travaillant autrefois dans les champs, ma grand-mère ne manquait pas, en entendant sonner la cloche, de nous faire arrêter notre besogne pour dire l’angélus pour ces pauvres morts. »

Jean-François Millet

 

Jean-François Millet, L’Angélus, 1857-1859, huile sur toile, 55,5 cm × 66 cm, Musée d’Orsay, Paris, http://www.musee-orsay.fr/fr/collections/oeuvres-commentees/peinture/commentaire_id/langelus-339.html?tx_commentaire_pi1%5BpidLi%5D=509&tx_commentaire_pi1%5Bfrom%5D=841&cHash=ab4f2b5ea9, © RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski

Jean-François Millet, L’Angélus, 1857-1859, huile sur toile, 55,5 cm × 66 cm, Musée d’Orsay, Paris, LIEN, © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

La prière de l’Angélus décrit le moment de l’Annonciation, soit la naissance futur de l’enfant Jésus. Jean-Francois Millet consacre une toile à cet évènement biblique en représentant deux paysans, un homme et une femme, dans un champ. Leur outils sont posés, on les voit en train de réciter une prière adressée à Marie en l’honneur de la naissance de l’enfant. Le tableau détient cependant un sens second, que Dali cherchera à comprendre. Tout d’abord, Millet avait peint, à la place du panier, le cercueil d’un enfant décédé, avant de le recouvrir pour ne pas choquer le public. C’est ce changement qui provoque l’intrigue de Dali car il justifierait à la fois son malaise et sa fascination pour l’oeuvre.  En effet, ce sujet l’angoissait et l’attirait profondément sans qu’il ne sache pourquoi. Cela peut éventuellement s’expliquer du fait de pulsions psychanalytiques qui lui permettaient d’interpréter des images comme des figures archétypales. De ce fait, Dali voyait intuitivement, dans la toile originale, plus d’une simple prière dans les champs. Il perçoit, entre les deux personnages, l’emplacement de la tombe de l’enfant du couple. Obstiné à en savoir plus, il fait analyser la toile par le musée du Louvre qui, après avoir passé la toile aux rayons X, révèlera la présence d’une petite forme rectangulaire, probablement un cercueil, située à l’emplacement désigné par l’artiste surréaliste.

Salvador Dali, L'atavisme du crépuscule, 1934, huile sur bois, Kunstmuseum Bern, http://www.heilmanneric.com/article-32457420.html, © Heilmann Eric

Salvador Dali, L’atavisme du crépuscule, 1934, huile sur bois, Kunstmuseum Bern, http://www.heilmanneric.com/article-32457420.html, © Heilmann Eric

« L’Angélus de Millet beau comme la rencontre fortuite, sur une table de dissection, d’une machine à coudre et d’un parapluie. »

Salvador Dali

Dali reprend donc le tableau de Millet selon son imagination, selon les pulsions qu’il perçoit. Il mêle l’érotisme aux thèmes paranoïaques tout en restant fidèle à sa technique picturale. Dans cette version de 1934, il reprend les deux figures en les introduisant dans un contexte mystique. On n’est désormais plus dans le réalisme de Millet mais dans l’imagination de l’artiste surréaliste qui semble avoir peint un paysage sortit de l’un de ses rêves. Il change le statut de l’homme en nous montrant son crâne, alors que la femme garde sont statut primaire. Cela traduirait la position supérieure, voir prédatrice de la figure féminine qui est décrite par Dali comme une « mante religieuse » prête à dévorer le personnage masculin. De plus, l’artiste donne forme à ses désirs sexuels car l’homme cacherait sous le chapeau une érection. Érection que nous retrouvons symbolisée par la brouette qu’il place au dessus du personnage masculin.

Salvador Dali, Réminiscence archéologique de l'Angélus de Millet, 1935, Huile sur panneau, 32 cm × 39 cm, Salvador Dali Museum, St. Petersburg, États-Unis, http://www.leninimports.com/salvador_dali_reminescence_art_print.html, © Lenin Imports

Salvador Dali, Réminiscence archéologique de l’Angélus de Millet, 1935, Huile sur panneau, 32 cm × 39 cm, Salvador Dali Museum, St. Petersburg, États-Unis, LIEN, © Lenin Imports

Il utilise à nouveau ce sujet en 1935 en changeant cette fois l’aspect physique des deux personnages. Il choisit de les présenter sous une forme « archéologique », d’où le titre du tableau. Les deux figures seraient ainsi éternellement inscrite dans ce paysage irréel et seraient condamnés à leur destinée.

Salvador Dali, L'Angélus architectonique de Millet, 1933, Huile sur toile, 73 x 61 cm, Musée National Reina Sofía, Madrid, http://artly.fr/Newsletters/Angelus.html, © 2013 Artly Production

Salvador Dali, L’Angélus architectonique de Millet, 1933, Huile sur toile, 73 x 61 cm, Musée National Reina Sofía, Madrid, http://artly.fr/Newsletters/Angelus.html, © 2013 Artly Production

Avec L’Angélus architectonique de Millet, Dali introduit une nouvelle perceptive dans la transformation. Il semble vouloir donné à L’Angélus un aspect  plus moderne qui était jusqu’à présent absent. En effet, par ces formes gigantesques, fluides et avant-gardistes, il introduit une dimension innovatrice, qui sera plusieurs fois reprise dans d’autres œuvres.

Webographie

– Musée d’Orsay, Jean Francois Millet L’angélus, LIEN, 15 mars 2014

– Jean Francois Millet et l’école réaliste, LIEN, 16 mars 2014

– Explication paranoïa-critique de l’Angelus de Millet, LIEN, 16 mars 2014

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Cette entrée a été publiée par lucapelliccioli, le 16 mars 2014 à 23 h 39 min, et est classée dans Le surréalisme de Dali dans le monde artistique et diplomatique du XXème siècle. Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

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